La réduction du temps de travail, un paradoxe supplémentaire

5 mars 2010 par Thierry VENIN Laisser une réponse »

L’INSEE a publié une analyse sur la réduction du temps de travail depuis 60 ans dans le monde.

Au regard de notre recherche, il s’agit d’un renforcement du paradoxe entre une flambée du stress au travail (ou de sa moindre tolérance sociale) et d’éléments dont on pourrait attendre un mieux vivre.

En effet, comment concilier ce mal être au travail qui paraît se généraliser et s’approfondir, avec une tertiarisation massive depuis l’après guerre (et donc un travail physiquement moins fatigant) et une mécanisation informatique généralisée ?

Pour paraphraser Aristote, toutes les conditions semblent réunies pour rejoindre l’assemblée des Dieux : on se tue moins à la tâche, de nombreuses machines travaillent pour nous et on passe nettement moins de temps à besogner.

Et l’INSEE ajoute : on travaille beaucoup moins. En effet La réduction du temps de travail dans les pays ayant un PIB par habitant parmi les plus élevés est nette.

Comment alors expliquer la croissance du mal être au travail (pour ne parler que de ceux qui en ont un).

Le rapport de l’INSEE retient plusieurs mouvements qui se succèdent depuis 60 ans pour expliquer cette décroissance d’environ 25% sur un panel de 10 pays. La salarisation des économies (de 65% en 1950 à plus de 91% en 2006), la diminution de la durée hebdomadaire collective et l’augmentation du nombre de jours de congés, le développement du travail à temps partiel.

Le déclin du non salariat jusqu’au milieu des années 60 entraînerait mécaniquement une baisse modérée des temps de travail, les non salariés ayant généralement un temps de travail supérieur aux salariés.

La forte augmentation de productivité de la fin des années soixante et des années soixante dix aurait accentué la tendance.

La lutte contre le chômage après le premier choc pétrolier passe par la baisse de la durée collective et la hausse du temps partiel.

Les gains de productivité permis par l’informatisation d’un secteur tertiaire qui est passé en France de 1949 à aujourd’hui de 37% à 80%, ne sont qu’effleurés. La participation probable des TIC à cette réduction continue du temps de travail (productivité accrue, automatisations multiples, compression temporelle, parcellisation mondialisée des services, etc.) échappe de ce fait à une enquête au demeurant très intéressante.

http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?id=2751&reg_id=98

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