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Flash Crash : mystère à Wall Street

8 mai 2010

…ou quand les TIC stressent Wall Street…

Jeudi, Wall Street a soudainement plongé sans aucune raison apparente. 1 milliard de dollars a été englouti, provoquant la panique du marché et faisant titrer au Wall Street Journal : « The Stock Market’s Flash Crash: How to Destroy $1 Billion in 60 Minutes »

Le journal Libération a relayé cette information captivante sur un phénomène inédit dans l’histoire de la finance en raison de sa rapidité et de l’incompréhension qui l’entoure. Cela méritait une nouvelle appellation : le « Flash Crash » qui était jusqu’ici le nom d’une grenade d’exercice militaire.

Ce phénomène fait écho à des inquiétudes persistantes à propos des Dark Pools, ces salles de marché totalement informatisées et dont les ordinateurs sont capables de passer de grande quantité d’ordres à la (milli)seconde sans intervention humaine.

Il est trop tôt pour tirer une quelconque conclusion de ce qui s’est passé puisqu’on ne sait pas ce qui s’est passé, hormis le fait que le marché s’est brusquement effondré et qu’il reste extrêmement nerveux, obligeant la Maison Blanche à intervenir pour tenter de rassurer. Selon Evan Newmark sur le site du Wall Street Journal, une erreur de courtier aurait provoqué l’emballement des algorithmes des ordinateurs de négociation à haute fréquence. “We’ll have to wait for a full autopsy of today’s trading day. But it’s a safe bet that after the trader’s initial error, high-frequency trading computers remorselessly running their algorithms took over.”

Dès hier la SEC (Securities and Exchange Commission) a déclenché une enquête et publié un communiqué, pressée notamment par le sénateur du Delaware Ted Kaufman, d’enquêter sur le « trading algorithmique ».

Le sénateur Kanjorski ajoute : “Nous ne pouvons pas permettre à une erreur technique d’effrayer les marchés et semer la panique. »

Le professeur de finance James Angel (Georgetown University) livre une piste prometteuse au New York Times : « Nous avons un marché qui réagit en millisecondes, mais les humains qui le contrôlent mettent, eux, plusieurs minutes à réagir et, malheureusement, des milliards de dollars de dommages peuvent être causés pendant ce laps de temps ».

Remettre le contrôle humain au centre du système ? Calmer le jeu ? A suivre…

Flash Crash

Mystère à Wall Street

Les traders sont-ils des bogues ?

5 avril 2010

Les travailleurs du tertiaire les plus rapides de la planète sont-ils menacés d’extinction ? Combien de temps encore, ceux qui brassent des budgets étatiques en quelques clics de souris, les yeux rivés sur leurs terminaux Bloomberg, pourront-ils rivalisés avec les micro-processeurs ?

Le gendarme financier européen, The Committee of European Securities Regulators (CESR), emboîte le pas de la « Securities and Exchange Commission » américaine, en lançant auprès des professionnels une enquête sur le « High Frequency Trading ». L’enquête est ouverte jusqu’au 30 avril.

Cette pratique en pleine ascension inquiète en effet les instances de régulation Le « HFT » est basé sur des algorithmes capables de passer d’énormes quantités d’ordres en millisecondes, profitant d’écarts faibles : les machines parlent aux machines, directement, dans des temps et des proportions qui sont les leurs. Les ruisseaux faisant les grands fleuves, ce seraient ainsi 21 milliards de dollars de marge qui auraient été générées l’an dernier aux Etats-Unis.

Afin d’accroître encore la vitesse des opérations de vente et d’achat, les opérateurs de HFT implantent leurs serveurs le plus près possible des serveurs de la plateforme boursière. La traque aux nanosecondes est engagée. Ainsi les équipements informatiques de Nyse Euronext ont-ils été déménagés de Paris à Londres et des débats auraient lieu pour les rapprocher ensuite de la banlieue londonienne vers le centre.

Cette pratique aurait été favorisée en Europe par la directive de 2007 qui a mis fin au monopole des Bourses traditionnelles, et selon un article du Figaro qui cite la firme de conseil Aite Group, le High Frequency Trading réaliserait aujourd’hui 25% des transactions sur actions en Europe, pour atteindre 30% d’ici à la fin de l’année et 45% en 2012.

On comprend au vu de cette expansion que la course à l’armement technologique soit engagée, qu’il s’agisse des serveurs, de leurs lieux d’implantation et des algorithmes utilisés. La société de « Dark Pool » BATS base son argumentaire sur le fait que ses équipements sont capables de passer des ordres en 270 microsecondes en moyenne, soit « 1000 fois plus vite qu’un clignement d’œil ».

Là où le CESR et la SEC craignent notamment une rupture d’équité dans l’accès aux marchés, BATS, entre autres opérateurs, fournit un argumentaire de riposte et appelle à la mobilisation. Mais ceci est une autre histoire…

Cette question se rapporte en revanche de bien des façons à notre thème : les traders deviennent-ils des bogues beaucoup trop lents entre deux ordinateurs ?

Le High Frequency Trading va-t-il remplacer les traders ?

Une image du passé ?