Articles Taggés ‘ère numérique’

Un monde connecté, état des lieux

22 août 2010

Publié par le site Gigaom.com, à partir de données en provenance de Cisco, ce très visuel état des connexions mondiales.

Phénomène connexe, le succès mondial des smartphones se confirme avec 118,3 millions de mobiles multimédia vendus durant les six premiers mois de l’année 2010, soit une hausse de 54% par rapport à la même période en 2009 (Le Figaro).

Y a-t-il encore un pilote dans l’avion ?

23 mai 2010

Près de 3 semaines après le flash crash qui a effrayé les marchés américains, les autorités de régulation cherchent toujours à en comprendre les raisons.

Le rapport de 151 pages publié le 18 mai par la SEC et la CFTC est ainsi résumé en page 5 :

“We have found no evidence that these events were triggered by ‘fat finger’ errors, computer hacking or terrorist activity, although we cannot completely rule out these possibilities.”

Ceci dit, les marchés électroniques ou l’algo-trading sont fortement suspectés d’avoir au moins pris une part importante sinon déterminante dans cet effondrement aussi spectaculaire qu’incompris.

Des traders cités par le Financial Times avancent l’hypothèse selon laquelle l’étincelle qui aurait mis le feu aux poudres serait une combinaison d’évènements avec une vague de ventes s’intensifiant au fur et à mesure de la chute des cours, la crise étant a minima aggravée par les programmes informatiques d’échanges informatisés qui passent de grandes quantités d’ordre en quelques micro-secondes.

Toujours selon cette hypothèse, le flash crash s’est arrêté quand d’autres programmes informatiques ont commencé à acheter des actions faisant ainsi remonter les cours.

Bref, une situation totalement hors de contrôle humain. On en regretterait presque le pilotage par la cupidité.

D’où la proposition de la SEC, à titre expérimental jusqu’au 10 décembre, de mettre en place des « coupe-circuits » destinés à ouvrir des possibilités de reprise de contrôle humain en cas de nouvel emballement incontrôlé.

Ainsi, le commerce des actions S&P 500 sera interrompu pendant 5 minutes si leur prix augmente ou diminue de 10% sur une période de 5 minutes.

Autrement dit, on stoppe les machines pendant 5 minutes quand les cours s’emballent sans que l’homme comprenne pourquoi. La SEC a inventé la mini-RTT-réflexion.

De quoi s’interroger sur le degré de contrôle humain désormais exercé sur des marchés financiers informatisés qui, sur un temps de l’ordre de la microseconde, peuvent entraîner des effets sociaux dévastateurs bien réels dont la répercussion sera d’une toute autre durée.

Quelques milliards évaporés en quelques minutes sans aucune explication : voici le Mystère de la Chambre Jaune radicalement modernisé…

L’enquête se poursuit…

Dark data ou le babillage des machines

31 janvier 2010

Nous avons récemment parlé de l’étude de l’Université de Californie « How much information ».

Les chercheurs se sont interrogés sur l’écart entre les flux de datas et d’informations échangés, leur croissance exponentielle et l’augmentation par comparaison  modérée de leur consommation humaine.

Cette interrogation les a conduits à nommer un nouveau type de données et d’informations sans antécédent historique, de plus en plus massivement échangé entre les machines : les « dark datas ».

L’université de Berkeley a mis au point un tableau permettant de mieux apprécier les capacités électroniques contemporaines :

How Big is an Exabyte?
Kilobyte (KB) 1,000 bytes OR 103bytes
2 Kilobytes: A Typewritten page.
100 Kilobytes: A low-resolution photograph.
Megabyte (MB) 1,000,000 bytes OR 106 bytes
1 Megabyte: A small novel OR a 3.5 inch floppy disk.
2 Megabytes: A high-resolution photograph.
5 Megabytes: The complete works of Shakespeare.
10 Megabytes: A minute of high-fidelity sound.
100 Megabytes: 1 meter of shelved books.
500 Megabytes: A CD-ROM.
Gigabyte (GB) 1,000,000,000 bytes OR 109 bytes
1 Gigabyte: a pickup truck filled with books.
20 Gigabytes: A good collection of the works of Beethoven.
100 Gigabytes: A library floor of academic journals.
Terabyte (TB) 1,000,000,000,000 bytes OR 1012 bytes
1 Terabyte: 50000 trees made into paper and printed.
2 Terabytes: An academic research library.
10 Terabytes: The print collections of the U.S. Library of Congress.
400 Terabytes: National Climactic Data Center (NOAA) database.
Petabyte (PB) 1,000,000,000,000,000 bytes OR 1015 bytes
1 Petabyte: 3 years of EOS data (2001).
2 Petabytes: All U.S. academic research libraries.
20 Petabytes: Production of hard-disk drives in 1995.
200 Petabytes: All printed material.
Exabyte (EB) 1,000,000,000,000,000,000 bytes OR 1018 bytes
2 Exabytes: Total volume of information generated in 1999.
5 Exabytes: All words ever spoken by human beings.

Il est intéressant de mettre en regard de ces capacités de stockage des données, les capacités de traitement. A titre d’exemple, un processeur Intel Core i7 Extreme 965EE qui équipe de nombreux micro-ordinateurs est capable de traiter 76383 millions d’instructions par seconde (à 3.2 GHz c’est-à-dire une fréquence d’horloge de 3,2 milliards de cycles par seconde)

Proposition d’actualisation des traditionnels problèmes de baignoires qui se vident ou de trains qui se croisent : combien de millisecondes mettra votre micro-ordinateur pour passer en revue les 10 Terabytes de la plus grosse bibliothèque mondiale, celle du congrès américain ?

Quand l’électronique était coûteuse, les appareils étaient réservés à des activités à haute valeur ajoutée. Aujourd’hui un million de transistors coûte moins d’un centime de dollar et on assiste finalement à une dissociation marquée entre les données et nous.

On peut illustrer ce phénomène avec un exemple simple : une voiture embarque plus de 100 microcontrôleurs et plusieurs centaines de capteurs qui actualisent des données plus de 1000 fois par seconde (notamment les capteurs chargés de déclencher les airbags). L’électronique et les logiciels interviendraient d’ailleurs pour environ un tiers du prix de nos véhicules.

Le rapport HMI 2009 conclut sur ce point : « The phenomenon of dark data permeates modern digital technology ».

Nous pouvons prolonger la réflexion avec Vinton CERF, un des « pères » d’Internet, actuellement Vice President and Chief Internet Evangelist [sic] de Google, interrogé en 2008 par Le Monde sur l’Internet du futur :

« Dans le passé, les premiers systèmes d’échanges d’informations entre les entreprises n’ont pas bien fonctionné par manque de standardisation : c’est justement ce qu’apporte le Web 2.0. Et cette avancée arrive au bon moment. Aux Etats-Unis, les gros investissements réalisés lors du passage à l’an 2000 ont permis d’automatiser l’activité interne des sociétés. Reste à effectuer l’étape suivante : l’automatisation des échanges entre les entreprises. Et quel meilleur outil pour le faire qu’Internet ?  […]
- Ce que vous décrivez ne s’inscrit-il pas déjà dans le Web 3.0, l’Internet des objets ?
- Tout à fait. De façon générale, l’Internet des objets permettra de déléguer la gestion des objets à des tiers. Il sera ainsi possible d’adresser à des sites de services des demandes telles que : « Enregistrer tel film », sans avoir à se plonger dans la liste des chaînes ni dans les programmes de diffusion. Les machines s’en chargeront. Elles communiqueront entre elles pour déterminer le prochain passage de ce film et l’enregistrer pour nous. Des milliards d’objets seront ainsi dotés de capacités de communication entre eux. Ce qui permettra de masquer la complexité des technologies à l’œuvre. Tout se passera dans les coulisses. »

Nous observons mal ce que nous vivons. Pourtant, une simple inscription sur le site grand public Daily Motion n’illustre-t-il pas le propos puisque, dans le babillage croissant des machines, il nous appartient déjà de prouver notre qualité humaine ?

Prouvez que vous êtes humain

Les 100 000 mots quotidiens

3 janvier 2010

Bravo aux chercheurs de l’Université de Californie pour leur courage et leur patience !

Ils se sont en effet attaqués à la quantification des informations consommées chaque jour par un américain en dehors de son travail (d’autres études sont prévues sur la consommation d’information dans les entreprises).

Cette étude baptisée « How much information 2009 » est disponible sur Internet.

Les mesures effectuées portent sur la consommation en heures (INFOh), en « compressed bytes » (INFOc) et en mots (INFOw).

Une mise en perspective est effectuée avec d’autres études plus anciennes et notamment celle publiée par Ithiel de Sola Pool en 1984 (Communication Flows: A Census of Japan and the US).

Quelques points saillants :

  • Alors que la loi de Moore décrit une augmentation annuelle de la capacité des microprocesseurs à traiter l’information de 30%, la consommation d’information est de « seulement » 5,4% par an
  • La consommation d’heures d’information privée a augmenté de 1,7% par an de 1980 à 2008, passant de 7,4 heures/jour à 11,8 heures/jour en moyenne (dans cette étude des heures peuvent compter doubles si par exemple on surfe sur Internet en écoutant la radio ou en regardant la télévision)
  • Donc, un américain moyen pendant un jour moyen reçoit 11,8 heures d’information essentiellement électronique soit les 3/4 de son temps éveillé puisqu’en moyenne il travaille 3 heures par jour et dort 7 heures
  • Ce temps de travail moyen étonne. Explication : A 40-hour per week job is 22 percent of a year. Slightly less than half of the US population is employed. Therefore an “average person” is at work 2.7 hours per day.  Source: Bureau of Labor Statistics 2008.
  • En 28 ans cumulés, la consommation en bytes (entendre ici 1 caractère de texte) a quadruplé, et la consommation en mots a augmenté de 140%
  • Les nouvelles technologies digitales refaçonnent les maisons américaines. 70% des américains possèdent un ordinateur avec un accès Internet de plus en plus en haut débit. De nombreux ménages possèdent des douzaines d’équipements numériques : mobiles 3G, PDA’s, lecteurs MP3, équipements de télévision, DVR, ordinateurs, consoles de jeux, etc.
  • La lecture évolue de façon plus complexe que l’idée reçue d’une décroissance massive : certes, le nombre de mots consommés sur support imprimé a décru de 26% en 1960 à 9% en 2008, mais cette tendance est contrebalancée par la consommation de mots croissante sur Internet et les ordinateurs (27%). Si on utilise les mots comme unité de mesure, la lecture a donc augmenté depuis 50 ans.
  • « L’américain moyen » passe presque 3 heures par jour sur son ordinateur (non inclus le temps de travail), ce qui représente 24% du nombre total d’heures de consommation d’information mais 55% du nombre total d’information mesurée en bytes. Cette différence est nommée par les chercheurs « Dark data », concept intéressant pour qualifier l’augmentation continue d’information échangée par les machines sans utilisation (valorisation) humaine.
  • L’émergence de l’interactivité : la plupart des sources d’informations étaient consommées passivement. Les ordinateurs, Internet, les consoles de jeu sont des médias hautement interactifs avec de nombreuses décisions à prendre chaque minute pour décider du prochain clic (multiple decisions each minute about what to click on next)
  • 1/3 des mots consommés le sont de façon interactive ce taux montant à 55% selon l’unité de mesure en bytes. Il s’agit ici d’une transformation profonde dont les effets ne seront pas tous bénéfiques, mais qui continueront à se diffuser et à s’amplifier
  • En 2008, l’email reste l’application informatique la plus largement utilisée (35% du temps passé sur Internet).

Article publié par la République des Pyrénées, le 13 octobre 2009

13 octobre 2009

La République des Pyrénées, mardi 13 octobre 2009

« Malades du travail électronique »

Un palois alerte l’Europe sur la part des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans le stress au travail.

Les technologies de l’information et de la communication (TIC), facteurs de stress au travail ?
C’est la thèse que défend Thierry Venin, informaticien, sociologue et fondateur d’une association citoyenne sur le sujet (http://www.phronesis-project.org). Selon lui, un cadre traite aujourd’hui en moyenne 85 emails par jour.
Avec les autres sollicitations (courriers divers, téléphone, demandes orales…), il engrange une sollicitation professionnelle toutes les deux minutes. « Au delà de sept préoccupations par jour, l’individu se place en situation de surchauffe« , analyse Thierry Venin.

« Une préoccupation sociale majeure »

« Cette sorte de laisse électronique exige des réponses immédiates et ne laisse plus de temps à la réflexion« , analyse-t-il. Il pointe une dérive : « On dérape vers un homme réactif qui n’a plus le temps long qui est celui du projet humain. On constate aussi que les sphères professionnelles et personnelles s’interpénètrent de plus en plus. »
Directeur de l’Agence Départementale du Numérique (ADN) depuis 2005 après avoir travaillé durant de longues années à la Maison des Communes, Thierry Venin observe une sorte de contamination mondiale du type « salle des marchés » où l’on échange « 4 milliards de dollars en trois clics« , et dont l’affaire Jérôme Kerviel est un symptôme.
Il a salué l’arrivée des premiers outils informatiques comme l’occasion de travailler plus intelligemment. « Aujourd’hui, je rencontre des gens de plus en plus stressés« , témoigne l’informaticien avec le recul de son expérience trentenaire.
D’où sa volonté de tirer la sonnette d’alarme : « Cela me paraît être une préoccupation sociale majeure. » Phronesis, son association, fondée avec quelques amis, est entrée en contact avec l’agence européenne de prévention des risques sanitaires au travail (EU-OSHA) pour faire reconnaître la part des TIC dans le stress au travail.

Un logiciel d’organisation

Pour valider son intuition, il avance des entretiens réalisés dans le cadre de ses études de sociologie, reprises sur le tard (master 2). Le syndicat des cadres, la CGC, va bientôt intégrer le stress lié aux TIC dans une enquête qui sera réalisée en octobre sur le plan national.
En outre, Thierry Venin, qui poursuit sa thèse de sociologie sur le stress lié aux TIC, anime des séminaires sur ce thème avec le Centre National de la Fonction Publique Territoriale (CNFPT).
Le Palois ne se contente pas du diagnostic. Il propose également un remède. Il s’agit d’un logiciel d’organisation conçu avec deux acolytes, Jérôme Tapie et Antoine Bidegain.
« CoolDone« , le nom de ce logiciel, propose aux cadres de « prendre de la hauteur dans le pilotage de leurs vies pour qu’ils ne se laissent pas noyer dans l’urgence TIC. » Les murs à post-il ou autres coffres à mots de passe sont des exemples tirés de cette boîte à outils électronique destinée à libérer le cerveau des utilisateurs.
La solution la plus simple, et la plus radicale, serait de supprimer notre « laisse électronique ». Gageons que peu d’entre nous y sont prêts.

Article Jean-Marc FAURE, photo Nicolas Sabathier.

Stress au travail et TIC (techniques de l’information et de la communication)

13 septembre 2009

« Pendant que nous sommes chez les hommes, pratiquons l’humanité» (Sénèque)

Le dialogue social européen, au sein duquel coopèrent les organisations patronales, syndicales et les pouvoirs publics, constitue le principal organe par lequel les partenaires sociaux contribuent à définir les normes sociales européennes.

L’accord conclu le 8 octobre 2004 a fait de la lutte contre le stress au travail un objectif prioritaire de l’Union en matière sociale et sa traduction dans les lois nationales s’impose à chaque Etat membre.

C’est dans ce cadre que le rapport sur «la détermination, la mesure et le suivi des risques psychosociaux au travail » remis au Ministre du Travail le 12 mars 2008 déclenche une belle tempête médiatique et sociale, comme si cette question était trop longtemps restée taboue.

Il est vrai que les premiers chiffres communiqués tant par le Ministère que par le Bureau International du Travail ou encore l’INRS et la CNAM sont impressionnants, autorisant au moins un premier diagnostique unanime : le stress au travail constitue une véritable « pandémie ».

Le stress serait en effet responsable de 50 % de l’absentéisme ; d’environ 3000 décès par an ; de 3.5 millions de jours d’arrêt de travail ; de dépressions, suicides, maladies cardio-vasculaire, troubles musculo-squelettiques, maladies de peau, gastrites, insomnies, alcoolisme…

Les premières estimations officielles du coût social traduisent l’ampleur de cette pandémie : 3 à 4% du Produit Intérieur Brut soit environ 60 milliards d’euros ou encore l’équivalent de 5 à 6 fois le déficit annuel de la sécurité sociale.

Un aspect de cette pandémie nous semble peu identifié : c’est la part que pourraient y prendre les techniques de l’information et de la communication. Ces fameux TIC dont on parle beaucoup sans généralement les considérer avec un recul suffisant.

Le paysage professionnel a en effet été bouleversé si vite et si profondément en 2 ou 3 décennies que notre perception de ce changement est confuse. Pourtant, la généralisation de l’ordinateur à partir des années 80, suivie de sa mise en réseau planétaire à partir des années 90, constitue l’une des mécanisations les plus rapides et les plus massives de l’histoire de l’humanité. Ce « nouvel âge » a accompagné la domination rapide du secteur tertiaire dans les sociétés occidentales de l’après-guerre, au point que ce secteur occupe désormais près de 80% de nos économies.

Mais cette informatisation massive masque une intensification technologique continue sans précédent en termes de possibilités, d’évolutivité, de rapidité. Les supports se diversifient, se miniaturisent, communiquent entre eux, deviennent nomades.

C’est d’abord le volume d’informations qui frappe. La moindre petite carte mémoire de la taille d’un timbre poste qui équipe mon téléphone portable ou mon appareil-photo numérique peut embarquer 200 fois l’œuvre complète de Shakespeare ; la capacité d’un petit disque dur externe s’exprime en Téraoctets et stocke l’équivalent de 50 000 arbres transformés en journaux et stockera demain la totalité des volumes de la bibliothèque du Congrès américain.

L’accélération des temps de traitement est ensuite équivalente à l’augmentation des capacités de stockage, entraînant le « big-bang » numérique actuel. On exprime cette mesure en millions d’instruction par seconde, les super calculateurs actuels étant capables d’en traiter 1015 (soit un million de milliards d’instruction par seconde) au sein du grand maillage mondial que tisse Internet.

Et l’homme dans tout ça ? C’est pourtant avec nos cerveaux de chasseurs-cueilleurs que nous entrons dans l’ère numérique !

Un temps électronique s’instaure où les processeurs parlent aux processeurs, où l’homme finit par sembler être un « bogue » trop lent entre deux ordinateurs ; où les sollicitations électroniques continues favorisent l’émergence d’un homme immédiat, réactif, sans passé ni perspectives.

Le travail passe à la maison et la maison au travail. Tout devient urgent et nécessairement important, il n’y a plus de priorisation des tâches.

Aujourd’hui, un cadre reçoit en moyenne 85 emails quotidiens (sans compter les « pourriels ») : cela représente une sollicitation électronique toutes les deux minutes. Comment dès lors travailler sereinement en fonction d’objectifs clairs, comment prendre un peu de distance réflexive et stratégique ou encore comment se concentrer une heure ou deux sur un dossier complexe ?

Au temps maîtrisé qui prévalait dans les organisations à l’époque du papier succède un temps fractionné caractérisé par des sollicitations hétérogènes. Le culte de l’urgence et de l’immédiateté télécommunicationnelle se répandent, les perspectives s’écrasent, la notion de projet se perd.

Oui, une partie des contraintes de vitesse et de productivité peuvent être qualifiées d’objectives et s’imposent réellement aux organisations. C’est par exemple le cas d’une chaîne logistique « RFID » (puces radio) comme celle que met en œuvre Airbus, où le temps électronique va nécessairement s’imposer. Mais il existe aussi une importante sphère de contraintes surajoutées, généralement confondues avec les premières et qui pourraient utilement être maîtrisées et évitées. Il paraît en effet nécessaire et possible d’introduire une approche pragmatique des TIC au service de l’homme dans l’organisation. Notre recherche poursuit l’objectif d’élaborer des mesures visant à mieux asservir les techniques au service des projets humains et de leur temps long. Avec pour conséquence d’aider à décroître le stress de l’homme au travail, pour le plus grand bénéfice de tous, individus et organisations.

Bienvenue dans le blog Stress et TIC !

13 septembre 2009

Notre objectif est de mieux cerner l’influence des TIC sur la pandémie du stress au travail.

Le bouleversement numérique de nos sociétés s’accélère, c’est passionnant mais ça fait des dégâts humains dans les organisations.

Nous sommes persuadés qu’il y a un enjeu d’avenir majeur à mieux maîtriser ces flux qui nous bousculent !