Articles Taggés ‘Flash Crash’

Y a-t-il encore un pilote dans l’avion ?

23 mai 2010

Près de 3 semaines après le flash crash qui a effrayé les marchés américains, les autorités de régulation cherchent toujours à en comprendre les raisons.

Le rapport de 151 pages publié le 18 mai par la SEC et la CFTC est ainsi résumé en page 5 :

“We have found no evidence that these events were triggered by ‘fat finger’ errors, computer hacking or terrorist activity, although we cannot completely rule out these possibilities.”

Ceci dit, les marchés électroniques ou l’algo-trading sont fortement suspectés d’avoir au moins pris une part importante sinon déterminante dans cet effondrement aussi spectaculaire qu’incompris.

Des traders cités par le Financial Times avancent l’hypothèse selon laquelle l’étincelle qui aurait mis le feu aux poudres serait une combinaison d’évènements avec une vague de ventes s’intensifiant au fur et à mesure de la chute des cours, la crise étant a minima aggravée par les programmes informatiques d’échanges informatisés qui passent de grandes quantités d’ordre en quelques micro-secondes.

Toujours selon cette hypothèse, le flash crash s’est arrêté quand d’autres programmes informatiques ont commencé à acheter des actions faisant ainsi remonter les cours.

Bref, une situation totalement hors de contrôle humain. On en regretterait presque le pilotage par la cupidité.

D’où la proposition de la SEC, à titre expérimental jusqu’au 10 décembre, de mettre en place des « coupe-circuits » destinés à ouvrir des possibilités de reprise de contrôle humain en cas de nouvel emballement incontrôlé.

Ainsi, le commerce des actions S&P 500 sera interrompu pendant 5 minutes si leur prix augmente ou diminue de 10% sur une période de 5 minutes.

Autrement dit, on stoppe les machines pendant 5 minutes quand les cours s’emballent sans que l’homme comprenne pourquoi. La SEC a inventé la mini-RTT-réflexion.

De quoi s’interroger sur le degré de contrôle humain désormais exercé sur des marchés financiers informatisés qui, sur un temps de l’ordre de la microseconde, peuvent entraîner des effets sociaux dévastateurs bien réels dont la répercussion sera d’une toute autre durée.

Quelques milliards évaporés en quelques minutes sans aucune explication : voici le Mystère de la Chambre Jaune radicalement modernisé…

L’enquête se poursuit…

Flash Crash : mystère à Wall Street

8 mai 2010

…ou quand les TIC stressent Wall Street…

Jeudi, Wall Street a soudainement plongé sans aucune raison apparente. 1 milliard de dollars a été englouti, provoquant la panique du marché et faisant titrer au Wall Street Journal : « The Stock Market’s Flash Crash: How to Destroy $1 Billion in 60 Minutes »

Le journal Libération a relayé cette information captivante sur un phénomène inédit dans l’histoire de la finance en raison de sa rapidité et de l’incompréhension qui l’entoure. Cela méritait une nouvelle appellation : le « Flash Crash » qui était jusqu’ici le nom d’une grenade d’exercice militaire.

Ce phénomène fait écho à des inquiétudes persistantes à propos des Dark Pools, ces salles de marché totalement informatisées et dont les ordinateurs sont capables de passer de grande quantité d’ordres à la (milli)seconde sans intervention humaine.

Il est trop tôt pour tirer une quelconque conclusion de ce qui s’est passé puisqu’on ne sait pas ce qui s’est passé, hormis le fait que le marché s’est brusquement effondré et qu’il reste extrêmement nerveux, obligeant la Maison Blanche à intervenir pour tenter de rassurer. Selon Evan Newmark sur le site du Wall Street Journal, une erreur de courtier aurait provoqué l’emballement des algorithmes des ordinateurs de négociation à haute fréquence. “We’ll have to wait for a full autopsy of today’s trading day. But it’s a safe bet that after the trader’s initial error, high-frequency trading computers remorselessly running their algorithms took over.”

Dès hier la SEC (Securities and Exchange Commission) a déclenché une enquête et publié un communiqué, pressée notamment par le sénateur du Delaware Ted Kaufman, d’enquêter sur le « trading algorithmique ».

Le sénateur Kanjorski ajoute : “Nous ne pouvons pas permettre à une erreur technique d’effrayer les marchés et semer la panique. »

Le professeur de finance James Angel (Georgetown University) livre une piste prometteuse au New York Times : « Nous avons un marché qui réagit en millisecondes, mais les humains qui le contrôlent mettent, eux, plusieurs minutes à réagir et, malheureusement, des milliards de dollars de dommages peuvent être causés pendant ce laps de temps ».

Remettre le contrôle humain au centre du système ? Calmer le jeu ? A suivre…

Flash Crash

Mystère à Wall Street