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Des entreprises « zéro email » ?

16 février 2011

Dans un communiqué de presse publié le 7 février, la société de services en ingénierie informatique Atos Origin annonce son intention de supprimer les emails en 3 ans.

Voici un extrait de ce communiqué :

Atos Origin affiche son ambition de devenir une entreprise «zéro e-mail» d’ici trois ans.

Diminuer la pollution ‘informationnelle’ de la même façon que la pollution environnementale a été réduite après la révolution industrielle

Paris, 7 février 2011 -Atos Origin, société internationale de services informatiques, affiche son ambition de devenir d’ici trois ans une entreprise “zéro e-mail”. S’exprimant au cours d’une série de conférences de presse consacrées à l’innovation, le P-DG d’Atos Origin, Thierry Breton exprime son ambition que les collaborateurs Atos Origin abandonnent l’envoi d’emails entre eux et utilisent à la place les applications dédiées permettant une meilleure communication ainsi que les nouveaux outils de collaboration et les réseaux sociaux.

M. Breton a déclaré: «Nous produisons massivement des données qui polluent notre environnement de travail et de plus empiètent sur nos vies privées. Chez Atos Origin, nous engageons des actions destinées à renverser cette tendance, de la même manière que les organisations ont pris des mesures pour réduire la pollution de l’environnement après la révolution industrielle.»

«Le volume d’e-mails que nous envoyons et recevons n’est pas soutenable dans le domaine professionnel. Les managers passent de 5 à 20 heures par semaine à lire et écrire des e-mails. Ils utilisent déjà les réseaux sociaux plus que les moteurs de recherche, et passent 25% de leur temps à rechercher de l’information. Chez Atos Origin, nous avons mis en place des outils collaboratifs et des plateformes communautaires pour partager et garder trace des idées qui naissent sur des sujets allant de l’innovation au Lean Management en passant par les ventes. Les entreprises doivent aller plus loin dans cette voie : l’e-mail, ne sera bientôt plus considérée comme la meilleure manière de travailler et d’échanger.»

L’objectif d’Atos Origin est d’adopter des solutions novatrices dans le domaine des réseaux sociaux (Social Business Solutions) sur le lieu de travail afin de mettre en place un véritable ‘social business’. Basées sur des technologies collaboratives, ces solutions offrent des moyens de gérer et partager l’information plus personnalisés, plus immédiats, plus efficients en termes de coûts, adaptés aux méthodes de travail du XXIe Siècle et permettant de mettre en place une «Organisation Intelligente» (Smart Organization).

En ligne avec son programme de “bien-être au travail” lancé en 2009 avec le but de devenir
un des meilleurs endroits où travailler (« best place to work »), Atos Origin a mis en œuvre de nombreuses initiatives visant à améliorer la communication et le partage d’information au sein de l’organisation. Par exemple, Atos Origin encourage l’usage d’outils tels qu’Office Communicator et a mis en place des plateformes communautaires pour partager et garder trace des idées qui naissent sur des sujets allant de l’innovation au Lean Management en passant par les ventes. Les premiers résultats indiquent que ce type d’outils réduit immédiatement le volume des e-mails de 10 à 20%.

La surcharge en informations – Les faits:

  • D’ici 2013, la moitié des nouveaux contenus digitaux sera le résultat de mises à jour et de modification d’informations existantes.
  • Les réseaux sociaux en ligne sont d’ores et déjà plus populaires que l’e-mail et les moteurs de recherche.
  • Les cadres passent plus de 25% de leur temps à chercher de l’information.
  • 2010 : les usagers au sein des entreprises reçoivent en moyenne 200 mails par jour, dont 18% sont des spams.
On notera que par rapport au titre du communiqué, le propos du P-DG est en retrait  puisqu’il en limite la portée aux emails internes. Pourquoi ne pas imaginer l’extension des outils collaboratifs aux relations avec les fournisseurs et la clientèle de sorte que le cercle informationnel vertueux imaginé par l’entreprise sorte de ses murs ?
Au-delà d’une communication pertinente sur le savoir-faire de cette SSII, ceci constitue un challenge dont nous suivrons la progression avec intérêt.

Y a-t-il encore un pilote dans l’avion ?

23 mai 2010

Près de 3 semaines après le flash crash qui a effrayé les marchés américains, les autorités de régulation cherchent toujours à en comprendre les raisons.

Le rapport de 151 pages publié le 18 mai par la SEC et la CFTC est ainsi résumé en page 5 :

“We have found no evidence that these events were triggered by ‘fat finger’ errors, computer hacking or terrorist activity, although we cannot completely rule out these possibilities.”

Ceci dit, les marchés électroniques ou l’algo-trading sont fortement suspectés d’avoir au moins pris une part importante sinon déterminante dans cet effondrement aussi spectaculaire qu’incompris.

Des traders cités par le Financial Times avancent l’hypothèse selon laquelle l’étincelle qui aurait mis le feu aux poudres serait une combinaison d’évènements avec une vague de ventes s’intensifiant au fur et à mesure de la chute des cours, la crise étant a minima aggravée par les programmes informatiques d’échanges informatisés qui passent de grandes quantités d’ordre en quelques micro-secondes.

Toujours selon cette hypothèse, le flash crash s’est arrêté quand d’autres programmes informatiques ont commencé à acheter des actions faisant ainsi remonter les cours.

Bref, une situation totalement hors de contrôle humain. On en regretterait presque le pilotage par la cupidité.

D’où la proposition de la SEC, à titre expérimental jusqu’au 10 décembre, de mettre en place des « coupe-circuits » destinés à ouvrir des possibilités de reprise de contrôle humain en cas de nouvel emballement incontrôlé.

Ainsi, le commerce des actions S&P 500 sera interrompu pendant 5 minutes si leur prix augmente ou diminue de 10% sur une période de 5 minutes.

Autrement dit, on stoppe les machines pendant 5 minutes quand les cours s’emballent sans que l’homme comprenne pourquoi. La SEC a inventé la mini-RTT-réflexion.

De quoi s’interroger sur le degré de contrôle humain désormais exercé sur des marchés financiers informatisés qui, sur un temps de l’ordre de la microseconde, peuvent entraîner des effets sociaux dévastateurs bien réels dont la répercussion sera d’une toute autre durée.

Quelques milliards évaporés en quelques minutes sans aucune explication : voici le Mystère de la Chambre Jaune radicalement modernisé…

L’enquête se poursuit…

Flash Crash : mystère à Wall Street

8 mai 2010

…ou quand les TIC stressent Wall Street…

Jeudi, Wall Street a soudainement plongé sans aucune raison apparente. 1 milliard de dollars a été englouti, provoquant la panique du marché et faisant titrer au Wall Street Journal : « The Stock Market’s Flash Crash: How to Destroy $1 Billion in 60 Minutes »

Le journal Libération a relayé cette information captivante sur un phénomène inédit dans l’histoire de la finance en raison de sa rapidité et de l’incompréhension qui l’entoure. Cela méritait une nouvelle appellation : le « Flash Crash » qui était jusqu’ici le nom d’une grenade d’exercice militaire.

Ce phénomène fait écho à des inquiétudes persistantes à propos des Dark Pools, ces salles de marché totalement informatisées et dont les ordinateurs sont capables de passer de grande quantité d’ordres à la (milli)seconde sans intervention humaine.

Il est trop tôt pour tirer une quelconque conclusion de ce qui s’est passé puisqu’on ne sait pas ce qui s’est passé, hormis le fait que le marché s’est brusquement effondré et qu’il reste extrêmement nerveux, obligeant la Maison Blanche à intervenir pour tenter de rassurer. Selon Evan Newmark sur le site du Wall Street Journal, une erreur de courtier aurait provoqué l’emballement des algorithmes des ordinateurs de négociation à haute fréquence. “We’ll have to wait for a full autopsy of today’s trading day. But it’s a safe bet that after the trader’s initial error, high-frequency trading computers remorselessly running their algorithms took over.”

Dès hier la SEC (Securities and Exchange Commission) a déclenché une enquête et publié un communiqué, pressée notamment par le sénateur du Delaware Ted Kaufman, d’enquêter sur le « trading algorithmique ».

Le sénateur Kanjorski ajoute : “Nous ne pouvons pas permettre à une erreur technique d’effrayer les marchés et semer la panique. »

Le professeur de finance James Angel (Georgetown University) livre une piste prometteuse au New York Times : « Nous avons un marché qui réagit en millisecondes, mais les humains qui le contrôlent mettent, eux, plusieurs minutes à réagir et, malheureusement, des milliards de dollars de dommages peuvent être causés pendant ce laps de temps ».

Remettre le contrôle humain au centre du système ? Calmer le jeu ? A suivre…

Flash Crash

Mystère à Wall Street

Dark data ou le babillage des machines

31 janvier 2010

Nous avons récemment parlé de l’étude de l’Université de Californie « How much information ».

Les chercheurs se sont interrogés sur l’écart entre les flux de datas et d’informations échangés, leur croissance exponentielle et l’augmentation par comparaison  modérée de leur consommation humaine.

Cette interrogation les a conduits à nommer un nouveau type de données et d’informations sans antécédent historique, de plus en plus massivement échangé entre les machines : les « dark datas ».

L’université de Berkeley a mis au point un tableau permettant de mieux apprécier les capacités électroniques contemporaines :

How Big is an Exabyte?
Kilobyte (KB) 1,000 bytes OR 103bytes
2 Kilobytes: A Typewritten page.
100 Kilobytes: A low-resolution photograph.
Megabyte (MB) 1,000,000 bytes OR 106 bytes
1 Megabyte: A small novel OR a 3.5 inch floppy disk.
2 Megabytes: A high-resolution photograph.
5 Megabytes: The complete works of Shakespeare.
10 Megabytes: A minute of high-fidelity sound.
100 Megabytes: 1 meter of shelved books.
500 Megabytes: A CD-ROM.
Gigabyte (GB) 1,000,000,000 bytes OR 109 bytes
1 Gigabyte: a pickup truck filled with books.
20 Gigabytes: A good collection of the works of Beethoven.
100 Gigabytes: A library floor of academic journals.
Terabyte (TB) 1,000,000,000,000 bytes OR 1012 bytes
1 Terabyte: 50000 trees made into paper and printed.
2 Terabytes: An academic research library.
10 Terabytes: The print collections of the U.S. Library of Congress.
400 Terabytes: National Climactic Data Center (NOAA) database.
Petabyte (PB) 1,000,000,000,000,000 bytes OR 1015 bytes
1 Petabyte: 3 years of EOS data (2001).
2 Petabytes: All U.S. academic research libraries.
20 Petabytes: Production of hard-disk drives in 1995.
200 Petabytes: All printed material.
Exabyte (EB) 1,000,000,000,000,000,000 bytes OR 1018 bytes
2 Exabytes: Total volume of information generated in 1999.
5 Exabytes: All words ever spoken by human beings.

Il est intéressant de mettre en regard de ces capacités de stockage des données, les capacités de traitement. A titre d’exemple, un processeur Intel Core i7 Extreme 965EE qui équipe de nombreux micro-ordinateurs est capable de traiter 76383 millions d’instructions par seconde (à 3.2 GHz c’est-à-dire une fréquence d’horloge de 3,2 milliards de cycles par seconde)

Proposition d’actualisation des traditionnels problèmes de baignoires qui se vident ou de trains qui se croisent : combien de millisecondes mettra votre micro-ordinateur pour passer en revue les 10 Terabytes de la plus grosse bibliothèque mondiale, celle du congrès américain ?

Quand l’électronique était coûteuse, les appareils étaient réservés à des activités à haute valeur ajoutée. Aujourd’hui un million de transistors coûte moins d’un centime de dollar et on assiste finalement à une dissociation marquée entre les données et nous.

On peut illustrer ce phénomène avec un exemple simple : une voiture embarque plus de 100 microcontrôleurs et plusieurs centaines de capteurs qui actualisent des données plus de 1000 fois par seconde (notamment les capteurs chargés de déclencher les airbags). L’électronique et les logiciels interviendraient d’ailleurs pour environ un tiers du prix de nos véhicules.

Le rapport HMI 2009 conclut sur ce point : « The phenomenon of dark data permeates modern digital technology ».

Nous pouvons prolonger la réflexion avec Vinton CERF, un des « pères » d’Internet, actuellement Vice President and Chief Internet Evangelist [sic] de Google, interrogé en 2008 par Le Monde sur l’Internet du futur :

« Dans le passé, les premiers systèmes d’échanges d’informations entre les entreprises n’ont pas bien fonctionné par manque de standardisation : c’est justement ce qu’apporte le Web 2.0. Et cette avancée arrive au bon moment. Aux Etats-Unis, les gros investissements réalisés lors du passage à l’an 2000 ont permis d’automatiser l’activité interne des sociétés. Reste à effectuer l’étape suivante : l’automatisation des échanges entre les entreprises. Et quel meilleur outil pour le faire qu’Internet ?  […]
- Ce que vous décrivez ne s’inscrit-il pas déjà dans le Web 3.0, l’Internet des objets ?
- Tout à fait. De façon générale, l’Internet des objets permettra de déléguer la gestion des objets à des tiers. Il sera ainsi possible d’adresser à des sites de services des demandes telles que : « Enregistrer tel film », sans avoir à se plonger dans la liste des chaînes ni dans les programmes de diffusion. Les machines s’en chargeront. Elles communiqueront entre elles pour déterminer le prochain passage de ce film et l’enregistrer pour nous. Des milliards d’objets seront ainsi dotés de capacités de communication entre eux. Ce qui permettra de masquer la complexité des technologies à l’œuvre. Tout se passera dans les coulisses. »

Nous observons mal ce que nous vivons. Pourtant, une simple inscription sur le site grand public Daily Motion n’illustre-t-il pas le propos puisque, dans le babillage croissant des machines, il nous appartient déjà de prouver notre qualité humaine ?

Prouvez que vous êtes humain

To multitask or not to multitask ?

15 janvier 2010

On entend souvent parler de ces générations nées avec Internet et le numérique : les « Digital Natives ». Ces générations manifesteraient une aisance particulière pour manipuler les multiples appareils électroniques et, de façon implicite, auraient aussi développé une capacité cognitive leur permettant de mener plusieurs tâches de front.

Par exemple, il leur serait possible de basculer sur deux écrans d’ordinateur entre de multiples applications informatiques tout en répondant au téléphone, à un email, en envoyant un SMS, en suivant un « chat » ou un fil Twitter.

Cette idée et cette mode du multitâche se trouvent probablement renforcées voire initiées par le multitâche préemptif démocratisé par les systèmes d’exploitation des ordinateurs personnels à partir du milieu des années 90 (Mac OS et Windows 95 par exemple). L’hypertext Markup Language apporte aussi sa probable pierre à l’édifice en invitant l’utilisateur à rebondir de liens en liens (en dérivant parfois substantiellement de la recherche initiale) et quoi de plus normal, dès lors, de pouvoir ouvrir ses navigations dans de multiples fenêtres ou onglets ?

La sphère financière culturellement dominante (réactions en temps réel à partir de multiples paramètres, pour faire court, ce qu’on pourrait qualifier de « rythme trader ») et ses célèbres terminaux Bloomberg se répand sur les postes de travail du travailleur tertiaire lambda, fréquemment équipés aujourd’hui de deux écrans affichant de nombreuses fenêtres.

Pourtant une étude de l’université de Stanford intitulée «Cognitive control in media multitaskers », et reprise par la National Academy of Sciences, écorne quelques préjugés ambiants.

Les chercheurs ont constitué deux groupes. Le 1er composé de gros consommateurs multimédia zappant fréquemment entre de nombreuses tâches (les « high multitaskers ») et le 2ème composé à l’inverse (les « low multitaskers »).

Chacun des groupes a été soumis à trois types de tests cognitifs classiques :

  • la capacité à ignorer des informations non pertinentes
  • l’organisation de la mémoire de travail ou mémoire de traitement et de maintien des informations à court terme dont la capacité est limité (empan mnésique de 7 +/- 2 cf. travaux de Miller « The Magical Number Seven, Plus or Minus Two » 1956)
  • la commutation de tâches

Dans tous les tests, le groupe des « high multitaskers » a moins bien réussi que le groupe des « low multitaskers » ce qui fait dire au professeur Nass « The shocking discovery of this research is that [high multitaskers] are lousy at everything that’s necessary for multitasking ».

Ces recherches étonnantes –qui se poursuivent– prennent évidemment un relief particulier dans des sociétés de l’information où les flux s’accroissent constamment en volume comme en vitesse et où les périphériques de réception sont toujours plus capables de les rendre simultanément accessibles.

Ces évolutions technologiques sont trop rarement aujourd’hui associées à nos capacités cognitives réelles de façon à en tirer des règles d’hygiène de vie.

Avec l’aide de telles études et comme en témoigne le tableau blanc de cette grosse entreprise, cette soumission irréfléchie aux TIC n’est-elle pas révolue ?

Tableau blanc d'entreprise

Techno IT et l’influence des TIC sur le stress au travail

10 janvier 2010

L’excellent podcast Techno IT consacre un focus spécial de son émission de janvier 2010 sur le stress au travail.

La récente estimation partielle du coût social du stress au travail par l’INRS (entre 2 et 3 milliards d’euros en 2007 a minima) est notamment évoquée.

Techno IT est un podcast dédié aux TIC en entreprise qui offre une veille pertinente et précieuse, dans un domaine d’application des technologies de l’information distinct de la propagation dans le grand public.

L’édition n°7 du 10 janvier 2010 consacre un intéressant volet sur le stress au travail et les TIC, accompagné d’un test approfondi du logiciel Cooldone qui constitue un volet applicatif de notre recherche.

Voici l’extrait concernant Cooldone : TechnoIT07_10_1_2010_Extrait

Le baromètre CFE-CGC pointe l’influence des TIC sur le stress au travail

24 novembre 2009

La nouvelle campagne d’enquête semestrielle de la CFE-CGC sur le stress des cadres (« baromètre stress ») est faite. Un échantillon de 1032 personnes représentatives de la population des cadres actifs français a été interrogé entre le 20 et le 30 octobre 2009 par OpinionWay. Nous remercions vivement la CFE-CGC et plus spécifiquement le Dr Salengro qui ont accepté d’intégrer à cette enquête des questions portant spécifiquement sur l’influence des TIC sur le stress au travail. Nous vous invitons à vous référer au site de la CFE-CGC ainsi qu’à sa section consacrée au stress pour plus d’information.
Les éléments qui suivent sont publiés avec l’accord de la CFE-CGC. Merci de solliciter cet accord si vous souhaitez en reprendre tout ou partie.

Voici quelques extraits choisis pour leur relation directe ou indirecte avec notre thème.

  • L’informatisation massive du secteur tertiaire et l’automatisation induite ne semblent pas alléger la (perception de la) charge de travail

Evolution de la charge de travail

  • L’automatisation croissante des tâches à faible valeur ajoutée ne semble pas libérer suffisamment de temps pour accomplir « le reste »…

Stress au travail : le temps disponible

  • Et une accélération de la vitesse de travail est massivement pointée…

Stress au travail : la vitesse

Parmi les 3 facteurs de stress au travail, 2 ne sont pas étrangers à notre thème. 74% des sondés se plaignent d’être souvent ou de temps en temps interrompus dans leur travail et 68% d’avoir des difficultés à concilier travail et vie privée. En effet, sur le premier point, le travail qualitatif que nous menons fait clairement ressortir les nombreuses interruptions provoquées par les différents modes de communication électronique. Par ailleurs, cette même recherche qualitative montre que de plus en plus de travail est effectué en dehors du lieu et des horaires d’exercice de la profession, les outils TIC favorisant clairement cette tendance (voir la suite du questionnaire CFE-CGC)

Directement en relation avec l’influence des TIC sur le stress au travail…

Stress au travail et TIC : temps court

Stress au travail et TIC : volume d'informations

Stress au travail et TIC : confusion des sphères

  • Parallèlement, les entreprises ont-elles pris conscience des effets pervers que peuvent jouer les TIC en leur sein ?

Stress au travail et TIC : maîtrise des flux

  • Les TIC influent-elles la confusion croissante des sphères professionnelles et privées ? Ces questions prennent bien sûr un relief particulier si elles sont mises en relation avec les questions précédentes. A noter le BlackBerry ou smartphone équivalent encore plutôt réservé à une « élite » contrairement au téléphone mobile fourni par l’entreprise et qui équipe un cadre sur deux. L’évolution de ces paramètres sera intéressante.

Stress au travail et TIC : équipements fournis par l'entreprise

La surcharge informationnelle est-elle éco-responsable ?

10 novembre 2009

La communication numérique donne l’impression de pouvoir être diffusée et dupliquée à l’infini sans coût induit par la quantité. On n’abat aucun arbre pour rédiger et envoyer un email ; on peut ajouter une multitude de destinataires en quelques clics.

Cette facilité à multiplier les informations importantes, banales et futiles (cf. les fameuses blagues qui circulent à n’en plus finir et qu’on reçoit périodiquement de nombreux correspondants) participe bien sûr à nos surcharges informationnelles.

Cette inflation immatérielle est-elle pour autant écologiquement neutre ?

La question commence à être soulevée avec insistance par la presse anglo-saxonne.

NY Times, Google seeks more power

En 2008 le Harper’s magazine soulève la question de la compétition que se livrent les géants du web pour construire et alimenter leurs énormes datas centers :

“The blueprints depicting Google’s data center at The Dalles, Oregon, are proof that the web is not etheral store of ideas, shimmering over our heads like the aurora borealis. It is a new heavy industry, an energy glutton that is only growing hungrier.”

En rupture avec l’image plutôt « verte », respectueuse de l’environnement et aérienne (le « cloud computing ») véhiculée par cette industrie, ce magazine décrit la course à l’armement en datas centers et alimentation électrique. Dès 2006, l’ensemble des data centers américains auraient consommé plus d’électricité que l’ensemble des télévisions américaines. Cette escalade de puissance se poursuit sur la planète (Sibérie, Shangaï, Dublin, Lituanie, …) en fonction des opportunités électriques, quelle qu’en soit la nature.

Cette année, le Guardian relance la question de l’empreinte écologique de l’industrie du web. Même si le goût du secret des industriels de l’Internet rend les estimations difficiles, des premiers chiffres sont avancés :

« One study by Brown, commissioned by the US environmental protection agency, suggested that US data centers used 61bn kilowatt hours of energy in 2006. That is enough to supply the whole of the UK for two months, and 1.5% of the entire electricity usage of the US.

Brown said that despite efforts to achieve greater efficiency, internet use is growing at such a rate that it is outstripping technical improvements – meaning that American data centers could account for as much as 80bn kWh this year.”

Le Monde Magazine du 31 octobre, se faisant l’écho des travaux du Guardian, compare l’énergie consommée par le «data center » de Google à The Dalles à celle d’une ville occidentale de 400 000 habitants.

Et la croissance en besoins énergétiques semble forte :

“With more than 1.5 billion people online around the world, scientists estimate that the energy footprint of the net is growing by more than 10% each year.”

La « révolution numérique » est-elle éco-responsable ?

Cette question n’est pas en relation directe avec notre thème.

En revanche, la surcharge informationnelle qu’elle engendre est-elle humainement souhaitable et soutenable ? La question de l’empreinte écologique de l’industrie du Web a, de notre point de vue, la vertu de contribuer à interroger la pertinence de nos pratiques… ou à l’inverse, se pourrait-il que l’interrogation sur la pertinence de nos pratiques numériques permette de participer à réduire le stress au travail et à mieux contenir l’empreinte écologique de l’industrie du Net ?

Homo digital est-il heureux ?

26 septembre 2009

Bienvenue dans le blog Stress et TIC !

13 septembre 2009

Notre objectif est de mieux cerner l’influence des TIC sur la pandémie du stress au travail.

Le bouleversement numérique de nos sociétés s’accélère, c’est passionnant mais ça fait des dégâts humains dans les organisations.

Nous sommes persuadés qu’il y a un enjeu d’avenir majeur à mieux maîtriser ces flux qui nous bousculent !