Articles Taggés ‘temps électronique’

Les patrons trimestriels

11 juin 2010

Nouvel indicateur du temps planétaire imposé par les marchés financiers : la durée moyenne de mandat des patrons a chuté de 25% en dix ans.

Le cabinet Booz&Co vient de publier une compilation de 10 ans d’analyse sur la succession des dirigeants (de 2000 à 2009).

Outre sa durée d’observation, cette étude porte sur 2500 plus grandes entreprises mondiales et 3719 changements de dirigeants. Ces analyses statistiques sont complétées par une douzaine d’entretiens aux Etats-Unis, en Europe, en Amérique du Sud et au Japon.

Une des observations qui émerge de cette enquête est la remarquable convergence mondiale des normes.

“The harmonization of CEO turnover rates suggests that global governance norms are emerging—not by fiat but through practice—across the world and in every industry. The percentages of CEOs who are replaced each year in Europe, as well as in the rest of Asia, have reached levels closer to those in North America and Japan.“

En d’autres termes, le rabot de la planète financière est en action.

Le mandat d’un patron est de plus en plus court et intense. Sa marge de manœuvre et la tolérance au manque de performance de l’entreprise qu’il dirige sont de plus en plus étroites. La pression sur les résultats augmente et le temps admis pour les obtenir est réduit.

Il en résulte un taux de rotation significativement accru sur ces dix dernières années. En moyenne, un patron restait aux commandes 8,1 ans en 2000 contre 6,3 ans aujourd’hui.

La pression des marchés financiers et leur exigence de résultats trimestriels sont principalement avancées pour expliquer cette tendance. « Le délai pour produire des résultats concrets a été divisé par quatre », résume Patrice Naudy, vice-président chez Booz&Co cité par Le Monde du 3 juin.

We are living in Financial Times

Y a-t-il encore un pilote dans l’avion ?

23 mai 2010

Près de 3 semaines après le flash crash qui a effrayé les marchés américains, les autorités de régulation cherchent toujours à en comprendre les raisons.

Le rapport de 151 pages publié le 18 mai par la SEC et la CFTC est ainsi résumé en page 5 :

“We have found no evidence that these events were triggered by ‘fat finger’ errors, computer hacking or terrorist activity, although we cannot completely rule out these possibilities.”

Ceci dit, les marchés électroniques ou l’algo-trading sont fortement suspectés d’avoir au moins pris une part importante sinon déterminante dans cet effondrement aussi spectaculaire qu’incompris.

Des traders cités par le Financial Times avancent l’hypothèse selon laquelle l’étincelle qui aurait mis le feu aux poudres serait une combinaison d’évènements avec une vague de ventes s’intensifiant au fur et à mesure de la chute des cours, la crise étant a minima aggravée par les programmes informatiques d’échanges informatisés qui passent de grandes quantités d’ordre en quelques micro-secondes.

Toujours selon cette hypothèse, le flash crash s’est arrêté quand d’autres programmes informatiques ont commencé à acheter des actions faisant ainsi remonter les cours.

Bref, une situation totalement hors de contrôle humain. On en regretterait presque le pilotage par la cupidité.

D’où la proposition de la SEC, à titre expérimental jusqu’au 10 décembre, de mettre en place des « coupe-circuits » destinés à ouvrir des possibilités de reprise de contrôle humain en cas de nouvel emballement incontrôlé.

Ainsi, le commerce des actions S&P 500 sera interrompu pendant 5 minutes si leur prix augmente ou diminue de 10% sur une période de 5 minutes.

Autrement dit, on stoppe les machines pendant 5 minutes quand les cours s’emballent sans que l’homme comprenne pourquoi. La SEC a inventé la mini-RTT-réflexion.

De quoi s’interroger sur le degré de contrôle humain désormais exercé sur des marchés financiers informatisés qui, sur un temps de l’ordre de la microseconde, peuvent entraîner des effets sociaux dévastateurs bien réels dont la répercussion sera d’une toute autre durée.

Quelques milliards évaporés en quelques minutes sans aucune explication : voici le Mystère de la Chambre Jaune radicalement modernisé…

L’enquête se poursuit…

Eloge de l’esprit vagabond

15 avril 2010

On considère l’esprit au repos comme improductif. « Arrête de rêvasser ! »

La tendance actuellement dominante consiste à combler les « trous ». L’impatience est socialement très contagieuse et attendre un transport en commun plus de 5 minutes devient intolérable. Le passage d’une succession frénétique de sollicitations à un trou d’air temporel de type « le bus n’arrive toujours pas » peut même devenir anxiogène.

« Information technology helps to fill the gaps » dit Thomas Eriksen dans son excellent livre sur la tyrannie du moment. En effet, tous les moments « creux » peuvent désormais être comblés notamment avec les smarphones qui offrent une multitude de possibilités communicantes ou non mais toujours présentes dans la poche : nous allons avoir tendance à combler ce trou temporel en téléphonant, en relevant les emails, en postant un tweet, en consultant son mur Facebook, quelques infos de presse, en lançant un jeu, en envoyant un SMS, … Les possibilités de combler les « vides » avec des bouts d’activités rapidement commutables sont infinies (bientôt 200 000 applications dans l’Apple Store).

Afin de mieux exploiter des fractions de temps disponibles, Apple crée d’ailleurs sa régie publicitaire iAd. « Le pari d’Apple, c’est que les utilisateurs de l’iPhone passent de plus en plus de temps à consulter des applications, qu’il y a une vraie audience sur certaines d’entre elles qui peuvent être du coup exploitées par des annonceurs », selon Cédric Foray, directeur associé du cabinet Greenwich Consulting cité dans Le Monde du 10 avril. « Les annonceurs pourraient aussi être intéressés par le potentiel, énorme, des annonces géolocalisables ». Géolocalisables, autrement dit une attention captable dans la rue, en déplacement, partout, tout le temps.

La principale ressource rare pour les fournisseurs de n’importe quelle marchandise dans la société de l’information c’est l’attention des autres.

Ce même phénomène de temps haché où le bombardement électronique continu vient combler les moindres bulles d’oxygène dans l’emploi du temps du salarié mérite d’être considéré comme un puissant facteur de stress au travail.

Quand le temps est fractionné en petits morceaux, il peut finalement cesser d’exister. Est-ce là une des causes (non exlusive) du débordement chronique des travailleurs du tertiaire et plus globalement de l’homme moderne qui se plaint constamment de manquer de temps ?

Une équipe de chercheurs en sciences neuronales et en psychologie de l’université de New-York vient de publier une étude sur les vertus de la rêverie. Plus scientifiquement formulé, l’étude est intitulée : « Enhanced Brain Correlations during Rest Are Related to Memory for Recent Experiences ». Pourquoi est-il si difficile de se souvenir des choses que nous ne voulons pas oublier ? C’est peut-être, prétendent aujourd’hui de nombreux chercheurs, que nous y pensons trop !

En soumettant des volontaires à des tests puis en analysant leurs activités cérébrales par imagerie à résonance magnétique fonctionnelle, l’équipe du laboratoire de Lila Davachi démontre que certaines activités du cerveau augmentent durant un repos éveillé et sont corrélées à une meilleure mémorisation.

Les 16 « cobayes » ont d’abord été scannés au repos avant le début de l’expérience. Ensuite, allongé en dehors du scanner, chacun devait regarder une série de paires d’images. D’abord des paires formées de visages et d’objets puis en imaginant l’image du visage en interaction avec l’objet. Ils prenaient ensuite quelques minutes de repos avant un nouveau scanner. L’expérience était répétée avec de nouvelles paires de visages et de scènes. Un peu plus tard, ils devaient remplir un petit quizz pour mesurer leur reconnaissance des visages, des objets et des scènes.

« Se reposer peut effectivement contribuer à votre succès au travail ou à l’école», conclut la Professeure du département de psychologie de l’université de New-York pour le Time.

Cette étude en recoupe d’autres et notamment celle de l’Université de Colombie-Britannique au Canada citée par Science et Avenir sous le titre « Rêvasser, c’est bon pour le cerveau » ou encore des travaux menés par le neurologiste Maurizio Corbetta (Université Washington de St. Louis) et Dale Stevens à Harvard (cités par le Time).

Alors, le prochain temps lent, on le déguste ?

Le baromètre CFE-CGC pointe l’influence des TIC sur le stress au travail

24 novembre 2009

La nouvelle campagne d’enquête semestrielle de la CFE-CGC sur le stress des cadres (« baromètre stress ») est faite. Un échantillon de 1032 personnes représentatives de la population des cadres actifs français a été interrogé entre le 20 et le 30 octobre 2009 par OpinionWay. Nous remercions vivement la CFE-CGC et plus spécifiquement le Dr Salengro qui ont accepté d’intégrer à cette enquête des questions portant spécifiquement sur l’influence des TIC sur le stress au travail. Nous vous invitons à vous référer au site de la CFE-CGC ainsi qu’à sa section consacrée au stress pour plus d’information.
Les éléments qui suivent sont publiés avec l’accord de la CFE-CGC. Merci de solliciter cet accord si vous souhaitez en reprendre tout ou partie.

Voici quelques extraits choisis pour leur relation directe ou indirecte avec notre thème.

  • L’informatisation massive du secteur tertiaire et l’automatisation induite ne semblent pas alléger la (perception de la) charge de travail

Evolution de la charge de travail

  • L’automatisation croissante des tâches à faible valeur ajoutée ne semble pas libérer suffisamment de temps pour accomplir « le reste »…

Stress au travail : le temps disponible

  • Et une accélération de la vitesse de travail est massivement pointée…

Stress au travail : la vitesse

Parmi les 3 facteurs de stress au travail, 2 ne sont pas étrangers à notre thème. 74% des sondés se plaignent d’être souvent ou de temps en temps interrompus dans leur travail et 68% d’avoir des difficultés à concilier travail et vie privée. En effet, sur le premier point, le travail qualitatif que nous menons fait clairement ressortir les nombreuses interruptions provoquées par les différents modes de communication électronique. Par ailleurs, cette même recherche qualitative montre que de plus en plus de travail est effectué en dehors du lieu et des horaires d’exercice de la profession, les outils TIC favorisant clairement cette tendance (voir la suite du questionnaire CFE-CGC)

Directement en relation avec l’influence des TIC sur le stress au travail…

Stress au travail et TIC : temps court

Stress au travail et TIC : volume d'informations

Stress au travail et TIC : confusion des sphères

  • Parallèlement, les entreprises ont-elles pris conscience des effets pervers que peuvent jouer les TIC en leur sein ?

Stress au travail et TIC : maîtrise des flux

  • Les TIC influent-elles la confusion croissante des sphères professionnelles et privées ? Ces questions prennent bien sûr un relief particulier si elles sont mises en relation avec les questions précédentes. A noter le BlackBerry ou smartphone équivalent encore plutôt réservé à une « élite » contrairement au téléphone mobile fourni par l’entreprise et qui équipe un cadre sur deux. L’évolution de ces paramètres sera intéressante.

Stress au travail et TIC : équipements fournis par l'entreprise

Toujours plus de temps « réel »

26 octobre 2009

Des petits compteurs font leur apparition sur Internet et rencontrent un franc succès. Nous voici interconnectés, en prise directe chacun avec tous, à chaque instant.

C’est le cas de l’Earth Clock.

C’est aussi celui du Gary Hayes social media counts.

On pourra aussi consulter le site Worldometers et avec intérêt le « A propos de nous » qu’il propose.

On peut voir dans cette mode un apparentement avec celle des réseaux « sociaux » de type Facebook ou Twitter où je peux savoir que mon « ami » croque présentement une biscotte ou a trouvé une vidéo qui décoiffe, ce qu’il va pouvoir communiquer à sa « communauté » en temps réel et même en déplacement depuis son smartphone

Google avec Google Waves, fort de son appétit gargantuesque (recherches, publicité, bureautique, OS, livres numérisés, santé, SIG, etc.), absorbe les réseaux sociaux en un seul outil intégré dont une sorte de messagerie instantanée où les caractères tapés sont affichés en temps réel, au fur et à mesure de leur frappe.

« Communicate and collaborate in real time. Or anytime. Use Google Wave at home, at work and at play. »

Le slogan du site de Google Waves illustre la confusion croissante des sphères professionnelles, privées et ludiques, fondues en un seul outil favorisant toujours plus l’instantanéité.

Pourquoi faire ? Ces techniques sont-elles sans effet sur l’organisation  et les hommes qui la composent ? Le temps ne devient-il réel qu’à la condition d’être instantanément partagé ?

Le symptome Kerviel

8 octobre 2009

L’affaire Kerviel semble passée de mode. Héros pour les uns, «escroc », « fraudeur », « terroriste » pour son PDG, là ne sera pas notre propos.

Nous relèverons plutôt deux aspects qui nous semblent, au-delà d’une simple dérive individuelle, symptomatiques de l’homme réactif soumis au temps électronique.

D’une part c’est la quantité d’information gérée par les traders et le temps de réaction qui leur est imparti pour prendre des décisions.

La simple vue d’un terminal Bloomberg caractéristique des salles des marchés donne une idée du bombardement électronique subi.

Ce couple « abondance d’informations-temps de réaction » parait, selon les propres déclarations de M. Kerviel, constituer un antidote puissant à toute réflexion portant sur la finalité des actes.

Ainsi lors de sa garde à vue par la brigade financière du 26 au 28 janvier 2008, relatée dans Le Monde du 31 janvier 2008, Jérôme Kerviel déclare : « J’ai en tête de faire gagner de l’argent à ma banque. C’est ma première motivation. […] j’ai alors pris une position sur le titre Allianz, en pariant sur la chute du marché. Il se trouve que peu de temps après le marché chute à la suite des attentats de Londres, et c’est le jackpot de 500 000 euros. […] je suis fier du résultat et surpris à la fois […]. »

Nous retiendrons ensuite la ligne de défense de son supérieur hiérarchique citée dans l’édition du Monde du 23 avril 2008 : « Je n’ai rien vu, je reçois 200 ou 300 mails par jour […] ».

300 mails c’est l’équivalent, sur un temps d’attention continue de 8 heures, d’un email à exploiter chaque minute et demie. Nous parlons d’exploitation car chaque email comportera ses particularités : invitations variées à agir, classer ou jeter, texte plus ou moins long, langues éventuellement différentes, liens hypertexte, pièces jointes de volume variable nécessitant pour leur lecture l’ouverture de différents logiciels.

Or ce modèle réactif en flux tendu n’a-t-il pas tendance à se généraliser dans les organisations professionnelles ?  Il n’est plus rare en tout cas d’y remarquer des écrans doubles que Windows gère « nativement ».

Bloomberg

Stress au travail et TIC (techniques de l’information et de la communication)

13 septembre 2009

« Pendant que nous sommes chez les hommes, pratiquons l’humanité» (Sénèque)

Le dialogue social européen, au sein duquel coopèrent les organisations patronales, syndicales et les pouvoirs publics, constitue le principal organe par lequel les partenaires sociaux contribuent à définir les normes sociales européennes.

L’accord conclu le 8 octobre 2004 a fait de la lutte contre le stress au travail un objectif prioritaire de l’Union en matière sociale et sa traduction dans les lois nationales s’impose à chaque Etat membre.

C’est dans ce cadre que le rapport sur «la détermination, la mesure et le suivi des risques psychosociaux au travail » remis au Ministre du Travail le 12 mars 2008 déclenche une belle tempête médiatique et sociale, comme si cette question était trop longtemps restée taboue.

Il est vrai que les premiers chiffres communiqués tant par le Ministère que par le Bureau International du Travail ou encore l’INRS et la CNAM sont impressionnants, autorisant au moins un premier diagnostique unanime : le stress au travail constitue une véritable « pandémie ».

Le stress serait en effet responsable de 50 % de l’absentéisme ; d’environ 3000 décès par an ; de 3.5 millions de jours d’arrêt de travail ; de dépressions, suicides, maladies cardio-vasculaire, troubles musculo-squelettiques, maladies de peau, gastrites, insomnies, alcoolisme…

Les premières estimations officielles du coût social traduisent l’ampleur de cette pandémie : 3 à 4% du Produit Intérieur Brut soit environ 60 milliards d’euros ou encore l’équivalent de 5 à 6 fois le déficit annuel de la sécurité sociale.

Un aspect de cette pandémie nous semble peu identifié : c’est la part que pourraient y prendre les techniques de l’information et de la communication. Ces fameux TIC dont on parle beaucoup sans généralement les considérer avec un recul suffisant.

Le paysage professionnel a en effet été bouleversé si vite et si profondément en 2 ou 3 décennies que notre perception de ce changement est confuse. Pourtant, la généralisation de l’ordinateur à partir des années 80, suivie de sa mise en réseau planétaire à partir des années 90, constitue l’une des mécanisations les plus rapides et les plus massives de l’histoire de l’humanité. Ce « nouvel âge » a accompagné la domination rapide du secteur tertiaire dans les sociétés occidentales de l’après-guerre, au point que ce secteur occupe désormais près de 80% de nos économies.

Mais cette informatisation massive masque une intensification technologique continue sans précédent en termes de possibilités, d’évolutivité, de rapidité. Les supports se diversifient, se miniaturisent, communiquent entre eux, deviennent nomades.

C’est d’abord le volume d’informations qui frappe. La moindre petite carte mémoire de la taille d’un timbre poste qui équipe mon téléphone portable ou mon appareil-photo numérique peut embarquer 200 fois l’œuvre complète de Shakespeare ; la capacité d’un petit disque dur externe s’exprime en Téraoctets et stocke l’équivalent de 50 000 arbres transformés en journaux et stockera demain la totalité des volumes de la bibliothèque du Congrès américain.

L’accélération des temps de traitement est ensuite équivalente à l’augmentation des capacités de stockage, entraînant le « big-bang » numérique actuel. On exprime cette mesure en millions d’instruction par seconde, les super calculateurs actuels étant capables d’en traiter 1015 (soit un million de milliards d’instruction par seconde) au sein du grand maillage mondial que tisse Internet.

Et l’homme dans tout ça ? C’est pourtant avec nos cerveaux de chasseurs-cueilleurs que nous entrons dans l’ère numérique !

Un temps électronique s’instaure où les processeurs parlent aux processeurs, où l’homme finit par sembler être un « bogue » trop lent entre deux ordinateurs ; où les sollicitations électroniques continues favorisent l’émergence d’un homme immédiat, réactif, sans passé ni perspectives.

Le travail passe à la maison et la maison au travail. Tout devient urgent et nécessairement important, il n’y a plus de priorisation des tâches.

Aujourd’hui, un cadre reçoit en moyenne 85 emails quotidiens (sans compter les « pourriels ») : cela représente une sollicitation électronique toutes les deux minutes. Comment dès lors travailler sereinement en fonction d’objectifs clairs, comment prendre un peu de distance réflexive et stratégique ou encore comment se concentrer une heure ou deux sur un dossier complexe ?

Au temps maîtrisé qui prévalait dans les organisations à l’époque du papier succède un temps fractionné caractérisé par des sollicitations hétérogènes. Le culte de l’urgence et de l’immédiateté télécommunicationnelle se répandent, les perspectives s’écrasent, la notion de projet se perd.

Oui, une partie des contraintes de vitesse et de productivité peuvent être qualifiées d’objectives et s’imposent réellement aux organisations. C’est par exemple le cas d’une chaîne logistique « RFID » (puces radio) comme celle que met en œuvre Airbus, où le temps électronique va nécessairement s’imposer. Mais il existe aussi une importante sphère de contraintes surajoutées, généralement confondues avec les premières et qui pourraient utilement être maîtrisées et évitées. Il paraît en effet nécessaire et possible d’introduire une approche pragmatique des TIC au service de l’homme dans l’organisation. Notre recherche poursuit l’objectif d’élaborer des mesures visant à mieux asservir les techniques au service des projets humains et de leur temps long. Avec pour conséquence d’aider à décroître le stress de l’homme au travail, pour le plus grand bénéfice de tous, individus et organisations.