Voici la question posée par un article de l’AFP très largement repris par la presse.
Voici la question posée par un article de l’AFP très largement repris par la presse.
Le Nouvel Observateur n°2415 du 17 au 23 février 2011 consacre sa une au stress au travail (« comment rester zen au travail »).
Le lien entre TIC et stress au travail y est abordé.
Bonjour,Vous vous êtes montrés intéressés par le logiciel Cooldone et nous vous en remercions.
Nous nous permettons de vous joindre aujourd’hui pour tenter de comprendre ce qui est à la base de votre démarche de maîtrise de votre environnement télécommunicationnel. Ce travail n’est pas directement lié au logiciel : il se trouve simplement que l’un de ses concepteurs (Thierry Venin) participe à une recherche scientifique sur la déconnexion volontaire aux TIC. Cette recherche regroupe des chercheurs de quatre laboratoires du CNRS et cherche à rendre compte des pratiques de rupture, de résistance, de tension ou de filtre face aux effets non désirés de la connexion permanente, à la pression du « temps réel » et aux potentiels dérapages sécuritaires permis par les TIC, à la fois dans certaines catégories professionnelles et dans la vie quotidienne du plus grand nombre.
De plus amples informations sur ce programme de recherche sont disponibles sur ce site.C’est dans le cadre de cette recherche que nous nous permettons de vous demander de répondre à un questionnaire. Les réponses seront traitées de façon strictement anonyme et jamais votre nom n’apparaîtra. Il s’agit d’une recherche dont les impératifs déontologiques sont contrôlés par le CNRS. Le seul but est celui du dégagement d’une connaissance sur ce phénomène tout à fait nouveau. Bien entendu, les principaux résultats de la recherche pourront être communiqués à tous ceux qui voudront bien nous consacrer quelques minutes pour répondre au questionnaire disponible en cliquant sur ce lien.
.Je vous remercie d’avance pour votre participation,
Francis JAURÉGUIBERRY
Professeur des Universités, Sociologie
Directeur du laboratoire SET (UMR 5603 du CNRS)
Adresse : IRSAM, avenue du Doyen Poplawski, 64 000 Pau
Le journal Les Echos a relayé le 11 janvier la « Charte des Relations de Travail » publiée par la direction de la société 3M à destination des 1000 employés de Cergy.
Cette charte, dont le texte intégral est diffusé par le syndicat CFE-CGC de l’entreprise sous le titre « Le catéchisme de la direction » comporte un certains nombres de préconisations en relation directe avec l’influence des TIC sur le stress au travail et plus globalement sur les conditions de travail.
Sous le chapeau introductif « Cette charte regroupe des attitudes et des objectifs non quantifiables que 3M en France souhaite voir adopter par l’ensemble de ses collaborateurs afin de créer un environnement de travail sain et stimulant », ce document comporte trois sections :
Le lien entre les TIC et le stress au travail (ou du travail à la maison) est cependant présent dès la première section. En effet la direction de 3M attend du salarié qu’il soit le premier responsable/garant du bon équilibre entre sa vie au travail et sa vie privée notamment en ne « succombant pas aux facilités des nouvelles technologies de l’information et de la communication » et en sachant « se déconnecter ».
La deuxième section nous concerne bien sûr particulièrement. Elle comporte 4 règles d’or.
Privilégier la rencontre en direct :
Elle génère conversation et compréhension. Elle entraîne plus facilement confiance et par la suite modération dans les propos écrits.
Rester courtois technologiquement :
- Dans la rédaction d’un mail, ne pas oublier que l’on écrit à un lecteur et pas à un ordinateur
- Éviter le principe abusif de protection et ne mettre en copie que les personnes vraiment concernées et directement impliquées par le sujet
- Écrire intelligiblement :
- Soigner la rédaction de l’objet du message
- Faire des phrases courtes : sujet, verbe, complément sans oublier la ponctuation
- Ne pas croire qu’un conflit peut se régler rapidement et efficacement par mail. Privilégier le face à face
Ne pas céder à l’instantanéité de la messagerie :
- Gérer les priorités et ne pas répondre immédiatement à chaque mail reçu, se fixer des plages pour répondre aux mails moins urgents.
- Ne pas lire ses mails en réunion
Savoir se déconnecter :
Ce n’est pas parce qu’ils sont portables que PC ou téléphone doivent être systématiquement ramenés au domicile et utilisés en dehors des plages de travail.
La section 3 dédiée au rythme de travail, préconise enfin de partir en congé sans son ordinateur.
Le document est baptisé « charte » mais ne semble pas traduire un accord entre les partenaires sociaux. En effet, le style s’apparente plus à une note de service qu’à une convention et porte l’estampille 3M sans signataire. Il pourrait donc être rapproché des « chartes de bourgeoisie » (par laquelle les habitants d’une ville qui possédaient les qualités requises recevaient de leur seigneur un certain nombre de privilèges) ou d’une charte de franchise (énonçant les privilèges accordés par un seigneur à une communauté d’habitants pour attirer ou retenir ces derniers sur son domaine).
Sur le site de la CFE-CGC de l’entreprise, la réception de la charte est nuancée :
« Mais ce document n’oblige qu’une seule personne, le salarié… C’est trop facile et c’est un peu court de se décharger du dossier des risques psycho-sociaux en ne proposant que cette charte à sens unique et en n’écartant toutes les responsabilités et devoirs de l’entreprise vis à vis de ses salariés pour faire du lieu de travail un endroit sain et stimulant . Oui il y a de bonnes choses dans cette charte. Non cela ne suffit pas … »
Dans le cadre de son baromètre sur le stress au travail (15ème campagne), la CGC a renouvelé pour la 3ème fois consécutive les questions sur l’influence des TIC sur le stress au travail. Cela fait donc 1 an et demi que les mêmes questions sont posées sur notre thème, ce qui est évidemment très précieux. Un grand merci donc à la CGC et plus particulièrement au Docteur Salengro.
Cette enquête a été réalisée par OpinionWay en novembre 2010 auprès d’un échantillon représentatif de la population des cadres français (1045 personnes). Deux questions ont été ajoutées sur l’émergence d’un « droit à la déconnexion ».
Voici les nouvelles questions :
La CGC accompagne le sondage du communiqué de presse suivant :
La CFE-CGC dénonce le workaholisme au blackberry
Les cadres souffrent de workaholisme, en particulier du fait des NTIC, telles sont les dernières conclusions du baromètre du stress de la CFE-CGC.
La CFE-CGC envisage, comme ses collègues américains, de réclamer soit la prise en compte des heures supplémentaires, soit le droit à la déconnexion en dehors des heures de travail. En s’appuyant sur les mémoires des PDA et autres outils qui réalisent de véritables laisses électroniques, il n’y a plus de véritables difficultés techniques, quitte à demander les facturettes aux opérateurs !
Un indice ne trompe pas, la part des entreprises qui fournissent gratuitement un blackberry à leurs cadres a augmenté de 16 points en un an, passant à 28%, de même 41% d’entre eux disent ne pas pouvoir se déconnecter en soirée et pour 35% pendant le week-end.
Au moment ou l’on met en place une augmentation de la durée de vie au travail 39% des cadres interrogés, (soit 5 points de plus) pensent à quitter le travail à cause du stress ! C’est l’indice le plus grave, comment les entreprises peuvent-elles espérer un engagement et une implication des salariés dans de telles conditions. 78% des entreprises ne tiennent toujours pas compte du stress dans leur management, même si cela baisse, c’est beaucoup !
Au delà de la question des outils de NTIC la plupart des indicateurs vont en s’aggravant, jamais la note globale de stress n’avait atteint un tel niveau depuis la création du baromètre du stress dans sa forme définitive.
L’indicateur le plus inquiétant semble bien celui qui indique que près de 39% des cadres pensent à quitter leur travail à cause du stress ! comment les entreprises peuvent elles espérer des salariés engagés et impliqués dans ces conditions, on sait bien que le présentéisme est le principal facteur de mauvaise productivité, décidément les employeurs manquent de compétence managériale.
La CFE-CGC réclame que les conditions de travail psychiques, cognitives, sensorielles et affectives soient enfin considérées comme les autres conditions de travail, qu’elles provoquent une prise en compte au niveau de la maladie professionnelle et soient de plein droit l’objet de débat au niveau du CHSCT. C’est dans cet esprit qu’une nouvelle bande dessinée va sortir prochainement.
L’intégralité des résultats est sur le site de la CFE-CGC : www.cfecgc.org.
Très intéressant dossier sur les TIC dans le numéro de décembre-janvier du magazine Courrier Cadres.
Le thème de l’influence des TIC sur le stress au travail y est bien pointé.
Le nouveau baromètre CGC-OpinionWay sur le stress des cadres est paru. Il s’agit de la 14ème campagne portant sur un échantillon de 1077 personnes représentatives des cadres actifs français.
Les questions que nous avions proposées portant directement sur l’influence des TIC sur le stress au travail ont été conservées. Nous en remercions à nouveau vivement la CGC, d’autant plus que l’observation de l’évolution de ces indicateurs dans le temps est évidemment très utile.
Voici les principaux résultats qui intéressent directement notre thème.
Afin de faciliter la lecture, les mesures faites en octobre 2009 sont conservées au regard de celles faites en mai 2010.
La proportion de cadres qui estiment que les TIC accroissent le volume d’informations à traiter est encore un peu plus massive (83% au lieu de 82%). Il y a une nette augmentation de ceux qui en sont très convaincus (38% au lieu de 33%).
En même temps que les TIC accroissent les volumes, elles tendent à imposer des temps de traitement toujours plus brefs. La proportion de ceux qui le pensent est toujours aussi massive et, de la même façon que pour les volumes, la prise de conscience semble s’affirmer.
Les entreprises fournissent globalement de nombreux moyens de connexion distante. L’évolution en termes de mobilité est très marquée (12% de plus entre les téléphones portables et les smartphones !)
Il résulte naturellement de la corrélation de ces tendances au « toujours connecté », à l’accroissement des volumes et à la réduction des temps de réponse, une forte incitation à la confusion des sphères professionnelle et privée, qui passe en 6 mois de 77% à 82%.
Un léger frémissement semble intervenir au niveau de la prise de conscience collective qui se traduit par un plus grand nombre de mesures préventives (16% au lieu de 14%).
A suivre…
L’enquête complète est disponible sur le site de la CFE-CGC.
Un article paru dans l’Express.fr le 3 juin titre « La Poste victime du syndrome France Telecom ».
Dans notre pays au moins, France Télécom serait-il devenu LA référence en matière de stress au travail ?
L’enquête également publiée le 3 juin par l’Agence Européenne pour la Sécurité et la Santé au Travail (EU-OSHA) permet hélas d’en douter.
Cette enquête est présentée par l’Agence européenne comme la plus grande enquête jamais menée en Europe (31 pays, 36 000 entretiens téléphoniques), à mi-parcours de la stratégie communautaire 2007-2012 en faveur de la santé et de la sécurité au travail.
La principale conclusion porte sur l’accentuation de la préoccupation concernant les risques psychosociaux tels que le stress, la violence et le harcèlement.
Enfin, le rapport prend acte de la profonde évolution de nos environnements de travail et de l’émergence de risques nouveaux (liés aux nouvelles technologies notamment) et il encourage la recherche sur ces nouveaux risques. Le rapport n’est-il pas intitulé « Enquête européenne des entreprises sur les risques nouveaux et émergents » ?
Lien du communiqué de presse :
http://osha.europa.eu/fr/press/press-releases/79-of-european-managers-are-concerned-by-work-related-stress-but-less-than-a-third-of-companies-have-set-procedures-to-deal-with-it-1
Lien du résumé en français :
http://osha.europa.eu/fr/publications/reports/fr_esener1-summary.pdf
Lien du rapport complet (en anglais) :
http://osha.europa.eu/en/publications/reports/esener1_osh_management
Près de 3 semaines après le flash crash qui a effrayé les marchés américains, les autorités de régulation cherchent toujours à en comprendre les raisons.
Le rapport de 151 pages publié le 18 mai par la SEC et la CFTC est ainsi résumé en page 5 :
“We have found no evidence that these events were triggered by ‘fat finger’ errors, computer hacking or terrorist activity, although we cannot completely rule out these possibilities.”
Ceci dit, les marchés électroniques ou l’algo-trading sont fortement suspectés d’avoir au moins pris une part importante sinon déterminante dans cet effondrement aussi spectaculaire qu’incompris.
Des traders cités par le Financial Times avancent l’hypothèse selon laquelle l’étincelle qui aurait mis le feu aux poudres serait une combinaison d’évènements avec une vague de ventes s’intensifiant au fur et à mesure de la chute des cours, la crise étant a minima aggravée par les programmes informatiques d’échanges informatisés qui passent de grandes quantités d’ordre en quelques micro-secondes.
Toujours selon cette hypothèse, le flash crash s’est arrêté quand d’autres programmes informatiques ont commencé à acheter des actions faisant ainsi remonter les cours.
Bref, une situation totalement hors de contrôle humain. On en regretterait presque le pilotage par la cupidité.
D’où la proposition de la SEC, à titre expérimental jusqu’au 10 décembre, de mettre en place des « coupe-circuits » destinés à ouvrir des possibilités de reprise de contrôle humain en cas de nouvel emballement incontrôlé.
Ainsi, le commerce des actions S&P 500 sera interrompu pendant 5 minutes si leur prix augmente ou diminue de 10% sur une période de 5 minutes.
Autrement dit, on stoppe les machines pendant 5 minutes quand les cours s’emballent sans que l’homme comprenne pourquoi. La SEC a inventé la mini-RTT-réflexion.
De quoi s’interroger sur le degré de contrôle humain désormais exercé sur des marchés financiers informatisés qui, sur un temps de l’ordre de la microseconde, peuvent entraîner des effets sociaux dévastateurs bien réels dont la répercussion sera d’une toute autre durée.
Quelques milliards évaporés en quelques minutes sans aucune explication : voici le Mystère de la Chambre Jaune radicalement modernisé…
L’enquête se poursuit…
…ou quand les TIC stressent Wall Street…
Jeudi, Wall Street a soudainement plongé sans aucune raison apparente. 1 milliard de dollars a été englouti, provoquant la panique du marché et faisant titrer au Wall Street Journal : « The Stock Market’s Flash Crash: How to Destroy $1 Billion in 60 Minutes »
Le journal Libération a relayé cette information captivante sur un phénomène inédit dans l’histoire de la finance en raison de sa rapidité et de l’incompréhension qui l’entoure. Cela méritait une nouvelle appellation : le « Flash Crash » qui était jusqu’ici le nom d’une grenade d’exercice militaire.
Ce phénomène fait écho à des inquiétudes persistantes à propos des Dark Pools, ces salles de marché totalement informatisées et dont les ordinateurs sont capables de passer de grande quantité d’ordres à la (milli)seconde sans intervention humaine.
Il est trop tôt pour tirer une quelconque conclusion de ce qui s’est passé puisqu’on ne sait pas ce qui s’est passé, hormis le fait que le marché s’est brusquement effondré et qu’il reste extrêmement nerveux, obligeant la Maison Blanche à intervenir pour tenter de rassurer. Selon Evan Newmark sur le site du Wall Street Journal, une erreur de courtier aurait provoqué l’emballement des algorithmes des ordinateurs de négociation à haute fréquence. “We’ll have to wait for a full autopsy of today’s trading day. But it’s a safe bet that after the trader’s initial error, high-frequency trading computers remorselessly running their algorithms took over.”
Dès hier la SEC (Securities and Exchange Commission) a déclenché une enquête et publié un communiqué, pressée notamment par le sénateur du Delaware Ted Kaufman, d’enquêter sur le « trading algorithmique ».
Le sénateur Kanjorski ajoute : “Nous ne pouvons pas permettre à une erreur technique d’effrayer les marchés et semer la panique. »
Le professeur de finance James Angel (Georgetown University) livre une piste prometteuse au New York Times : « Nous avons un marché qui réagit en millisecondes, mais les humains qui le contrôlent mettent, eux, plusieurs minutes à réagir et, malheureusement, des milliards de dollars de dommages peuvent être causés pendant ce laps de temps ».
Remettre le contrôle humain au centre du système ? Calmer le jeu ? A suivre…

Mystère à Wall Street