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TIC et RPSLe temps de l’infodiète

La transformation numérique de l’entreprise apparaît beaucoup plus profonde qu’initialement envisagée. La digitalisation a tellement débordé le lit de l’informatique, considérée il y a encore quelques années comme un simple moyen fonctionnel parmi d’autres, que selon les termes de Patrick Bertrand , le top management doit s’approprier le fait que la digitalisation de l’entreprise doit désormais faire partie de son socle stratégique.
Cette vision a entre autre le mérite de souligner la profondeur de la mutation que le numérique apporte à l’écosystème de travail. Car les technologies de l’information et de la communication (TIC) sont tout sauf neutres : elles ont des conséquences inédites, elles sont dotées de propriétés émergentes, elles présentent autant d’atouts et d’opportunités que de pièges.
A force de se focaliser sur leurs bénéfices (par exemple : rapidité, réactivité, conquête de nouveaux marchés, etc.), on mésestime leurs effets indésirables voire néfastes. L’entreprise ne peut pas se permettre de vivre dans un écosystème indéchiffré. Seule une vraie prise en compte de cette « digitalisation » dans toutes ses dimensions y compris désagréables permet d’identifier les effets pervers pour y remédier.
On aurait tort de poser l’homme d’un côté et ses outils numériques de l’autre, comme si ces derniers étaient de simples instruments passifs au service des premiers et comme s’il était suffisant de se former à leur mode d’emploi pour en assurer la pleine maîtrise. Un problème sans solution est un problème mal posé disait Albert Einstein. La question des TIC en entreprise est-elle bien posée ?
Les investigations approfondies menées pendant 4 ans sur ce thème en s’appuyant sur 6 campagnes de sondage au niveau national, plus de 20 groupes de travail impliquant 254 cadres et plus de 300 questionnaires collectés auprès de dirigeants d’entreprises permettent de dégager 24 effets jugés indésirables provoqués ou amplifiés par les TIC. Par exemple la surabondance et le millefeuille informationnels ; l’indifférenciation ; la contagion du temps réel ; le fantasme du multitâche ou des « digital natives » ; le travail en miettes ; l’homme réactif ; l’immédiateté télécommunicationnelle ; le syndrome de débordement cognitif ; la porosité des sphères de vie ; etc.
L’attention est aujourd’hui la principale ressource des entreprises et elle est toujours plus rare, émiettée, dispersée. Nous passons au moins entre 20% et 40% du temps de travail quotidien en traitement d’emails et en « manutention d’informations » le plus souvent inutiles ; nous sommes soumis à des interruptions incessantes qui fragilisent l’aménagement de plages de temps continus sur des dossiers complexes et stratégiques pourtant essentiels à l’entreprise.
En définitive, comme le remarque avec justesse Edgar Morin, tout devient urgent et l’urgent prend le pas sur l’essentiel nous faisant oublier l’urgence de l’essentiel. Le stress s’installe et s’accroît en pure perte au détriment du sens de l’écoute.
Entre les « Geeks » et les « Luddites » s’ouvre l’univers de la maîtrise raisonnée des TIC au service des femmes et des hommes dans l’entreprise.
We act against the technostress

Psychosocial risks are recognized as one of the major problems of the contemporary professional world and the European social dialogue has took on the fight against the first of them, the pandemic of work-related stress, as a priority.
In this context the relationship between information and communication technology (ICT) that innervates companies as well as society and psychosocial risks is not formally established.
One continues to consider worker on one side and tools on the other side as if they were mere passive instruments to support men at work, as if it was necessary and sufficient to be formed in the instruction for their use.
A national statistical survey, focus groups, qualitative interviews and participant observations show that the lack of awareness of the digital ecosystem of tertiary workplaces has resulted in ignorance of the adverse effects that are as powerful as many.
This gap leads to widespread control deficiencies in workers and professional organizations.
Thierry VeninDirecteur et chef de projet informatique, concepteur et développeur depuis plus de 30 ans,
Thierry Venin dirige actuellement une agence publique d'ingénierie dont la finalité est d'accompagner de nombreux projets TIC d'entreprises, de collectivités et d'administrations.
Docteur en sociologie sur le thème des «Techniques de l’Information et de la Communication (TIC) et risques psychosociaux », il est régulièrement sollicité sur ce sujet par des médias nationaux comme France Info, Le Nouvel Obs, Le Monde, M6, Courrier Cadres, etc.
Il intervient fréquemment avec des organismes de formation et dans des entreprises, des banques et des administrations sur le thème de la maîtrise des TIC et de plans de prévention des risques psychosociaux.
Ces interventions nourrissent les recherches qu'il poursuit avec le laboratoire CNRS-UPPA SET où il est docteur associé.

SIRET : 511 936 619 00010
Prestataire de formation 72640307364